Interview : Paul Alo'o Efoulou, ancien de Ligue 1 au Qatar


Vous souvenez-vous de lui ? Il a disputé plus de 270 matchs en France, quasiment 60 en Ligue 1. International camerounais (10 sélections, 0 but), Paul Claudel Alo'o Efoulou (32 ans) a répondu à mes questions dans le cadre d'une interview exclusive. Lancé par l'ASM Youndé en deuxième division camerounaise, l'attaquant des Lions Indomptables est arrivé en Europe en 2002, s'engageant avec le club belge de l'Excelsior Mouscron. Après des passages au Racing club de France puis à l'Entente Sannois Saint-Gratien, il rejoint l'AS Nancy-Lorraine en 2008. En manque de temps de jeu, il est prêté à Angers avec qui il est élu meilleur joueur de Ligue 2 de l'année aux Trophées UNFP. Après une pige par Le Havre entre 2011 et 2012, il fait le choix de signer en Arabie Saoudite, où il évolue pendant trois saisons. Depuis 2016, il joue pour les couleurs de Al-Sailiya SC au Qatar. Retour sur la carrière d'un joueur qui a joué aux côtés de Samuel Eto'o ou encore Rigoberto Song.

Bonjour Paul, peux-tu te présenter ?

Pour me présenter, je suis Paul Claudel Alo'o Efoulou, 32 ans, marié et père de 3 enfants. Je suis footballeur professionnel et international camerounais. J'évolue en ce moment en première division au Qatar dans le club d'Al-Sailiya Sport Club.

Comment t'es venue ta passion pour le football ?

Ma passion pour le foot je dirais que je suis né avec. J'ai toujours aimé jouer au foot sans aucune influence particulière, mes grands frères jouaient au foot mais pour moi c'était normal et à la maison quand j'étais petit on avait pas la possibilité de regarder les matchs de foot à la télé. En générale quand on est gamin on a une idole ou un club ou même un proche qui fait office de déclencheur pour la passion du foot, mais moi cela n'a pas été le cas.


Paul Alo'o Efoulou sous le maillot de l'ASNL (Crédit : ASNL)

Tu as fait tes débuts au Cameroun, à l’ASM Yaoundé. Comment est le football pour les jeunes là-bas ?​

J'ai un parcours particulier, je n'ai pas eu la chance ou la possibilité de faire un centre de formation, j'ai joué essentiellement dans les équipe de collèges avec les tournois qui vont avec (FENASCO, Tournois de la fête de la jeunesse ou du 20 Mai). Le football pour les jeunes c'est ça et aussi les championnats de vacances. Avant Asmy 1er j'ai joué une saison à la Colombe de Sangmelima qui m'avait repéré justement grâce aux championnat scolaires qui, à mon époque, étaient très populaires.

Comment as-tu été repéré par l'Excelsior Mouscron en 2002 ?

Lors d'un match de championnat à Nfandena, j'ai été repéré par un recruteur belge qui était dans les tribunes. Il m'a appelé le lendemain du match et m'a fait part de sa proposition qui était de me faire faire des tests dans un club en Belgique. Je l'avais mis en contact avec mon président de club et c'est comme ça que j'avais fini par signer à Mouscron. A l'époque c'était l'actuel sélectionneur du Cameroun qui était entraîneur et donc m'avait fait signer ce contrat d'un an.

Tu n’as pas beaucoup joué en Belgique. Tu as donc fait un choix : rejoindre la France. Comment se sont passés tes premiers mois en France ?

Je dirais que le choix de la France n'était pas vraiment un choix. Le club de Mouscron avait décidé de ne pas me garder donc il fallait que je trouve un autre club. Je ne connaissais pas le système et j'étais livré à moi-même. Ma copine à l'époque, qui est mon épouse aujourd'hui, avait fait des montages videos que l'on avait envoyés. Des agents les avaient vus sur le net. C'est ainsi que j'avais reçu le coup de fil d'un d'entre eux qui me proposait un essai au Racing club de Paris en CFA. Cela avait été la seule proposition qui m'était proposée. Voilà comment je me suis retrouvé en France avec des débuts très difficiles du fait qu'il fallait que le club régularise ma situation de papier. Donc il a fallu faire un tour au Cameroun pour faire une demande de visa qui avait pris plus de temps que prévu. J'étais arrivé au Cameroun en août et j'étais reparti en novembre. Au final j'avais terminé meilleur buteur avec 17 buts et signé dans la foulé à L'Entente Sannois Saint-Gratien.


Paul avec Le Havre contre le RC Lens (Crédit : HAC-foot)

Tu passes par le Racing Club de France avant de rejoindre l’Entente Sannois Saint-Gratien en National. Comment as-tu vécu ton intégration ?

A l'ESSG, j'ai fait trois années et c'est dans les deux premières que j'ai vraiment eu des difficultés d'adaptation. J'ai eu du mal entre ma vie professionnelle et familiale. J'ai découvert le monde professionnel avec toutes ses exigences et sa rigueur. La troisième année fût l'éclosion : j'ai pris le rythme et j'ai trouvé mon l'équilibre sur et en dehors du terrain. J'ai terminé ma dernière saison avec 23 buts et signé à Angers.

Tu joues donc trois ans à l’ESSG et tu signes à Angers après une excellente saison.

Au SCO d'Angers, c'était simplement la suite logique de mon évolution avec deux très belles années et je dirais que ce sont mes plus belles années de ma carrière professionnelle pour l'instant, avec à la clé le trophée du meilleur joueur de Ligue 2 et mon apparition avec l'équipe fanion du Cameroun.

En une saison au SCO Angers tu t’affirmes comme l’un des meilleurs à ton poste dans le championnat et tu es même élu meilleur joueur de Ligue 2 cette année-ci aux Trophées UNFP.

Mon arrivée à Nancy à été une fois de plus la suite logique de mon évolution. Mais au final, je n'avais pas trouvé le rythme pour dépasser ce cap. J'y suis resté quatre années avec des hauts et des bas. Bien-sûr il y'a eu pas mal de blessures et des problèmes internes mais quand on arrive à ce niveau il faut un tout.

En 2013 tu quittes la Ligue 1, la France et rejoins l’Arabie Saoudite. Tu ne te considérais pas un peu jeune pour rejoindre un pays comme l’Arabie Saoudite, à moins de 30 ans ?

Mon choix pour l'Arabie Saoudite était le plus intéressant par rapport aux offres que j'avais sous la main. J'avais toutes les garanties pour faire mon métier de footballeur professionnel et aujourd'hui je ne regrette pas ce choix. Trois années en Arabie ou j'ai fait une coupe du Golf, j'ai été trois années de suite meilleur buteur, une qualification pour la Ligue des Champions asiatique et je me suis fait un nom dans tout le golf, ce qui m'a permis de signer au Qatar où je suis actuellement.

Tu n’as pas beaucoup joué pour ton pays, le Cameroun. C’est une déception ? Tu as tout de même eu la chance de jouer avec de grands joueurs, je pense à Samuel Eto'o par exemple...

Mon passage avec l'équipe nationale du Cameroun restera inachevé mais c'est une fierté d'avoir porté les couleurs de mon pays et disputé une phase finale de coupe d'Afrique des Nations en Angola. Le fait d'avoir joué aux cotés des joueurs comme Geremi Njitap, Rigoberto Song ou Samuel Eto'o est simplement déjà pour moi une réussite, quand je sais où j'ai commencé et d'où je viens. En conclusion, on fait des choix mais dans notre métier, c'est plus tard que l'on se dit qu'on a fait un bon ou un mauvais choix. Et en général, quand ce n'est pas le bon choix, on ne peut plus revenir en arrière. Je continue de faire le travail que j'aime peu importe où ça m'emmènera.


Paul face à l'ancien barcelonais, Xavi, au Qatar (Crédit : Paul Alo'o' Efoulou)

Merci à Paul Alo'o Efoulou pour sa disponibilité et ses réponses !


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