Interview de Cyril Jamet : "Pourquoi ne pas détenir le temps record en tant que speaker du Racing"

#INTERVIEW - Animateur radio sur Horizon, Cyril Jamet est depuis 2017 la voix du Racing Club de Lens. Alors qu'il s'apprête à remplir son rôle de speaker pour la première fois en Ligue 1, il a accepté de revenir sur les moments forts depuis son arrivée au club.


Peux-tu revenir sur ton premier match ?


Mon premier match était contre La Gantoise en amical. C’était une émotion folle. C'était à peine croyable car quand tu es supporter d'un club et que tu es propulsé speaker du jour au lendemain, c'est plus qu'un rêve. Je ne pensais jamais pouvoir devenir un jour speaker de ce club, l'un des plus populaires de France. Ce sont donc une journée et une soirée inoubliables, aussi bien du côté positif que négatif car il y a eu quelques erreurs ce jour-là. Mais cela reste un souvenir gravé à vie, c'était extraordinaire. Je me sentais vraiment minuscule quand je suis entrée sur cette pelouse mythique. Je regardais autour de moi, j'étais seul avec le micro donc je me sentais vraiment tout petit. J'étais très impressionné. Quand tu es au centre de cette pelouse, tu ressens des choses qui sont difficilement explicables. C'était vraiment grandiose.


Tu as parfois fait des erreurs à tes débuts...


J’ai fait quelques erreurs au début, tout le monde le sait. J'ai fait des erreurs sur des prononciations, j'ai écorché et me suis même parfois trompé sur certains noms de joueurs. A un moment, je me suis posé pour me demander pourquoi je faisais ces erreurs. J'en ai parlé avec certaines personnes du club et, en analysant, je me suis rendu compte que c'était parce que je peine à me canaliser. Je suis quelqu'un d'impulsif et je suis tellement supporter du club que je n'arrive pas à rester neutre alors que la priorité du rôle de speaker est avant tout d'être neutre. Même si j'ai mon costume de speaker, j'explose quand il y a un but, je rumine quand je pense qu'il y a une erreur d'arbitrage... Je suis parfois tellement pris dans le match que je manque de concentration et que je fais quelques erreurs. J'essaie de me concentrer au maximum mais je ne te cache pas que faire la part des choses entre speaker et supporter est difficile.

Cyril Jamet et Simon Banza - Compte Instagram de Cyril Jamet

Tu es apprécié des supporters pour ta proximité avec le public et les joueurs. Cela fait-il quelque chose d'être un membre à part entière du Racing ?


Je ne voyais pas le métier de speaker sans être proche des supporters. Pour moi, il est vital de communiquer avec eux pour progresser ou essayer de récupérer des idées d’animation d’avant-match. C'est quelque chose qui fait vraiment partie intégrante du rôle de speaker et quand je suis arrivé au sein de cette équipe, il fallait que j'apporte quelque chose de nouveau. Je suis passé après deux speakers qui ont marqué le club donc je me devais d'apporter de la nouveauté pour que je puisse mettre mon empreinte. Je savais qu'il serait difficile d'être accepté donc la première nouveauté a été la célébration de but, en « mode Napoli », puis ce qui est important est d'être proche avec les supporters sur les réseaux sociaux ou même dans la rue et les bars comme il m'est déjà arrivé. Je serai toujours présent pour échanger avec eux, même pour des critiques à partir du moment où elles sont constructives. C'est vrai que je m'entends très bien avec les joueurs. Ce sont de super mecs et, pendant le confinement, on a mis en place avec le club quelques rendez-vous sur Instagram entre un joueur et moi pour communiquer avec les supporters. J'ai trouvé ça très positif, très plaisant et j'espère qu'on pourra de nouveau organiser ce genre de rendez-vous dans les prochains mois.


Que représente le fait d'être la voix d'un des clubs les plus populaires de France ?


La première chose qui me vient à l’esprit, c’est la fierté. Je suis très fier de pouvoir dire que je fais partie de cette grande famille et d’être la voix d’un des clubs les plus populaires de France. Je compte bien y rester le plus longtemps possible, pourquoi ne pas détenir le temps record en tant que speaker du Racing. Ce serait vraiment une immense fierté. En tout cas, il n’y a pas un moment que je ne savoure pas. Les jours de match, il n’y a pas un moment où j’y vais avec les pieds de plomb. La saison dernière il y avait des matchs le lundi soir, je rentrais à minuit et je me levais le lendemain à 4h30 du matin mais ce n’est pas grave car ce n’est que du bonheur. Les soirs de match, je suis comme un gosse : je regarde les tribunes, je vois la Marek en feu et c’est extraordinaire ! C’est un spectacle qui est différent à chaque match et dont je suis aux premières loges donc c’est un pur bonheur.


Est-ce du travail en plus d'être speaker ?


Bien-sûr ! Ce n'est pas parce qu'on donne l'impression de ne pas travailler qu'on ne travaille pas (rire). Il y a toute une équipe qui bosse avec moi et que je salue d’ailleurs. Il y a Carine, ma « maman » sans qui je serais perdu. Elle me guide dans mon oreillette, c’est ma tête pensante, c’est elle qui me canalise enfin… qui essaie de me canaliser car elle peine un peu (rire).

Cyril Jamet - Compte Instagram de Cyril Jamet

La saison dernière, contre Orléans, il t'avait été reproché de terminer les compos pendant l'entrée des joueurs...

Il faut savoir que tout est chronométré puisque qu’on dépend de la diffusion télé. Et ce jour-là, on a été pris par le temps. On a mal géré le temps et, résultat des courses, on s’est retrouvé à faire la compo avec quelques secondes de retard donc ça a débordé sur la Lensoise. J’en suis plus que désolé mais ce n’était pas une erreur de concentration de ma part. Ce sont des choses qui sont arrivées et qui n’arriveront plus.


Le barrage contre Dijon était ton premier match à guichets fermés. Était-ce une pression particulière ?


Oh que oui ! C'était une énorme pression d'une part car c'était à guichets fermés et d’autre part car l’enjeu du match qu’on connaissait était important. J'avais une pression énorme mais l’excitation était dix fois plus importante. Je savais que ce serait un moment extraordinaire en termes d’ambiance donc j’étais très impatient de fouler cette pelouse.


En avant-match, tu avais donné la main au kop pour un clapping géant.


Il fallait que je trouve quelque chose pour marquer le coup en avant-match parce que je savais que ce serait à guichets fermés. Je voulais faire un truc qui change de l’habitude, une chose qui n’avait pas encore été faite. Pourquoi le kop ? Simplement parce que c’est lui qui détient le premier rôle dans le stade donc je me devais de leur laisser la main pour ce moment. C’était aussi un joli clin d’œil pour leur dire que j’étais avec eux, que je les respecte et qu’ils sont plus qu’importants pour moi. Donc on a fait un clapping géant et ils ont fait ça de main de maître. J’ai dû voir la vidéo que j’avais tournée ce jour-là 150 000 fois et ça me donne toujours autant de frissons. C’est vraiment quelque chose qui me restera gravé. J’ai trouvé ce moment de complicité magique entre le public et les joueurs.

L'annonce du but de Bellegarde, est-ce ton meilleur souvenir ?


Cela fait partie des annonces de but les plus vibrantes, forcément. Il y en a eu d’autres mais c’est vrai que celle-ci, quand tu as le stade qui explose, que tu annonces le prénom du joueur et que plus de 30 000 personnes te suivent, c’est indescriptible. Indescriptible.


Comment as-tu accueilli le but dijonnais ?


Mal. Très, très mal. On en revient à ce que je disais tout à l’heure sur le côté neutre. C’est impossible. Je ne peux pas annoncer un but de Dijon ou de n’importe quelle autre équipe avec le sourire. Rien que d’en parler, c’est encore un crève-cœur. Ce n’est toujours pas passé.


La saison prochaine, tu seras speaker en Ligue 1. Quel est ton sentiment ?


La première chose qui me vient à l’esprit, c’est l’impatience ! Je suis super impatient de vivre cette saison en Ligue 1 avec le Racing. Ça va être magique ! Cela fait trois ans que j’officie en Ligue 2 donc pouvoir célébrer les buts comme on le fait à Bollaert mais en Ligue 1 et chauffer le stade lors de soirées de gala à guichets fermés, ça va être magique.


Annoncer Neymar ou Mbappé, en tant qu'animateur, est-ce un rêve ?


(rire) Ce n’est pas un rêve. En fait, annoncer Neymar ou Mbappé n’est pas ce qui m’excite. En toute honnêteté, ce qui m’excite, ce sont les célébrations de buts du Racing, c’est de chauffer les tribunes à guichets fermés pour les matchs de galas contre Paris, Saint-Etienne, Marseille, Lyon… Maintenant, quand Neymar et Mbappé passeront devant moi en sortie de vestiaires, je vais effectivement les regarder car ça reste des stars planétaires. Mais dire leur nom au micro n’est pas ce qui me met en transe.


Le moment le plus attendu, c'est le derby ?


Le moment que j’attends le plus est bien-sûr le derby. Depuis que je suis speaker, je ne pense qu’à ça. Je ne pense qu’à ce fameux jour où on pourra recevoir Lille. Et crois-moi, ce sera chaud bouillant ! Je pense que les gens ne s’attendent même pas à ce qu’ils vont vivre. Ce sera magique. On va montrer que Bollaert reste unique, que les supporters Lensois sont uniques. On attend ça avec beaucoup d’impatience et de détermination.


Je remercie Cyril pour le temps qu'il m'a accordé et sa gentillesse.


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