Interview de Harlem Gnohéré : "Lens est un grand club français"

#INTERVIEW - En fin de contrat avec le FCSB (Steaua Bucarest), Harlem Gnohéré (32 ans) est annoncé comme une piste pour le RC Lens. Joint par téléphone, l'attaquant français revient sur ce possible intérêt ainsi que sur sa carrière.


On t'envoie à Lens depuis hier soir. Tu confirmes ?


Non et j'étais d'ailleurs même étonné d'avoir vu ça. Je pense que mes agents s'occupent de ça mais je ne suis pas au courant.


Tu es libre. As-tu d'autres propositions ?


Oui. Forcément j'ai des propositions de clubs qui sont intéressés et qui étaient déjà intéressés auparavant. Enfin pour le moment, des propositions concrètes, je n'en ai aucune. Mais des discussions avec des clubs, oui il y en a.


Si l'intérêt de Lens venait à être concret, serais-tu intéressé ?


Oui, cela m'intéresserait. Lens est un grand club français et je suis français donc revenir dans mon pays serait un challenge intéressant. Ma femme est fan de Lens donc ce genre de chose est aussi à prendre en compte.


Tu as 32 ans et tu n'as jamais joué en Ligue 1. A Lens ou ailleurs, revenir en France est une envie ?


Cela a toujours été mon envie. Jouer en Ligue 1 a toujours été mon rêve depuis que je suis petit donc si je trouve un accord avec un club et que j'ai l'occasion de jouer en Ligue 1, j'irai sans hésiter.


Quelle est ta priorité pour l'avenir ?


Je n'ai pas de priorité. Mais comme je l'ai dit, Lens et le championnat français m'intéressent. Mon petit frère a joué à Rennes et j'ai été formé en France donc il y a plein de paramètres qui entrent en compte et qui font que j'ai envie d'évoluer en Ligue 1. Je veux montrer que j'avais la capacité de jouer en Ligue 1 car il y a des gens qui ne m'ont pas fait confiance en France. J'ai cravaché, je me suis battu et s'il advenait que je puisse venir en Ligue 1 alors je ferais tout pour prouver que j'aurais pu y jouer avant.


Ta priorité n'est pas de retrouver un club qui joue l'Europe ?


Pas forcément. J'ai des enfants donc me rapprocher de ma famille serait génial. L'aspect familial va aussi peser dans la balance. Si je suis amené à partir en France ou ailleurs, on discutera et on prendra la décision avec ma femme. Mais ce n'est pas la compétition ou le palmarès d'un club qui me fera prendre une décision. J'ai besoin de parler avec famille.

Harlem Gnohéré, ici face à Luiz Filipe (Lazio) a disputé la Ligue Europa avec le Steaua - Getty Images

Les supporters de Bucarest sont tristes de te voir partir. Est-il difficile de quitter le club ?


Oui, c'est difficile parce que j'ai quand même joué cinq ans en Roumanie. Je comprends que les supporters soient attristés parce que j'ai quand même bien performé pendant plusieurs saisons (51 buts avec le FCSB en deux ans et demi, ndr). Mais je dois aussi faire des choix de carrière et à mon âge je pense qu'il était temps pour moi de partir.


Quels souvenirs vas-tu garder du club ?


J pense que ce sont toutes mes participations à des matchs de coupes d'Europe. J'ai pu jouer l'Europa League et la Ligue des Champions donc c'est quelque chose de formidable. Quand tu es joueur, tu attends toujours de jouer la Ligue des Champions donc c'est formidable.


Le FCSB est un club historique en Roumanie mais aussi en Europe. Qu'est-ce que cela procure de porter ce maillot ?


Franchement, en tant qu'étranger j'étais vraiment fier. Après, je pense que ça doit être encore autre chose en tant que Roumain. Mais pour avoir évolué dans les deux clubs de Bucarest, je peux dire que cela a été une grande fierté pour moi.


Jouer la Ligue des Champions est-il le meilleur souvenir de ta carrière ?


Oui, c'est quelque chose de bien. Après, je pense qu'à mon âge je peux encore espérer jouer d'autres compétitions ou aller dans des championnats plus attractifs ou compétitifs comme la France. C'est un rêve que tu souhaites réaliser quand tu es gamin. Si un jour je dois aller en Ligue 1, je pense que ce sera mieux que de jouer la Ligue des Champions.


Est-ce un regret de ne jamais avoir joué avec Troyes en France ?


C'est un regret tout simplement de ne jamais avoir joué en France. Que je n'ai jamais joué à Troyes, c'est la vie. Le seul regret est de ne jamais avoir joué en Ligue 1 car j'étais en Equipe de France de jeunes, j'ai côtoyé des joueurs qui ont évolué en Ligue 1 donc je pense que j'avais les capacités. Je n'ai pas mis toutes les chances de mon côté en étant jeune mais avec l'âge et le recul j'ai tout fait pour pouvoir jouer au haut niveau et aujourd'hui ça se concrétise.


Comment sont la vie et le football en Roumanie ?


Ici le football est une religion. A chaque fois qu'on se déplace avec le Steaua Bucarest, il y a toujours du monde qui vient nous soutenir. Les stades sont toujours remplis donc c'est sûr que c'est différent de la France. Après au niveau du football cela n'a rien à voir avec la France car le niveau en France est bien au-dessus.


Kévin Boli me disait que beaucoup de joueurs arrivaient à se relancer en Roumanie. Selon toi, pourquoi ce championnat attire-t-il tant ?


Déjà, il faut savoir que la Roumanie est un pays accueillant malgré les préjugés qu'on peut avoir. C'est un pays latin donc la langue est facile à parler, on n'est pas loin de la France en avion et on est aussi entourés d'autres beaux pays donc c'est un pays attractif. Si tu es bon et que tu fais de bonnes performances, c'est un championnat dans lequel tu peux te relancer facilement. Tu peux ensuite aller en Turquie, en Arabie Saoudite, au Qatar ou même en France car des joueurs se sont relancés et sont repartis en France. C'est un beau championnat.


Tu as déjà joué dans 11 clubs depuis le début de ta carrière. Pourquoi un tel parcours ?


Tout simplement parce que je voulais réussir à tout prix. Je suis toujours parti dans des clubs que je pensais bons pour moi. Je n'ai pas toujours fait les bons choix, j'ai parfois dû partir parce que le club ne voulait plus de moi. Il y a plein de choses qui ont fait que j'ai beaucoup bourlingué mais finalement je pense avoir fait une bonne petite carrière.


Tu es passé du Dinamo au FCSB. On peut changer de club et être apprécié des supporters ?


La preuve que oui puisque je suis apprécié des deux camps. J'ai fait ce choix parce que je voulais jouer la Coupe d'Europe et je n'avais pas cette possibilité-là avec le Dinamo. J'ai eu cette possibilité la saison suivante avec le Steaua donc voilà pourquoi j'ai décidé de partir. Faire Paris-Marseille ou Marseille-Paris en France est plus simple qu'avant mais c'est toujours difficile ici.


Le derby reste-t-il le match le plus attendu malgré le niveau de Cluj ?


Pour moi qui ai joué dans les deux clubs, le plus gros derby en Roumanie reste Steaua-Dinamo. Il n'y a rien à dire à ce niveau-là. Avant mon premier derby en 2015-2016, les supporters du Dinamo étaient venus au centre d'entraînement dans la semaine et nous ont vraiment chauffé. Ensuite, quand j'ai fait le saut au Steaua, il n'y a pas eu un tel engouement à notre base d'entraînement. Au Dinamo, tu sens plus de pression que quand tu joues au Steaua.


Quel bilan fais-tu pour le moment de ta carrière ? Finir sans avoir joué en France serait-il une déception ?


Non, je ne pense pas. J'ai pu faire des choix de carrière parfois surprenants et jouer dans beaucoup de clubs mais je pense à d'où je viens parce que j'étais quand même en quatrième division suisse. Se retrouver en première division en Roumanie, jouer la Ligue des Champions, marquer en coupe d'Europe ou terminer meilleur buteur étranger du Steaua Bucarest, ce n'est pas donné à tout le monde. Je pense que mon parcours est quand même pas mal.

Harlem Gnohéré en Ligue Europa avec le Steaua - Getty Images

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