Interview de Richard Sette : "Les supporters aident le commentateur à s'enflammer"

#INTERVIEW - Richard Sette est journaliste et commentateur sur beIN SPORTS. Présent sur l'émission Maxi Ligue 2 diffusée sur les antennes de la chaîne depuis deux saisons, il présente également l'émission Label Boxe. Entretien.


Pourquoi journaliste sportif ?


Je voulais être journaliste, pas forcément dans le sport, et j’ai démarré sur une radio locale sur laquelle je faisais aussi bien de la politique que de l’économie. Le weekend je commentais des matchs de rugby car c’était dans le sud-ouest et je me suis donc plus intéressé à l’aspect sportif. Ensuite, j’ai essayé de tracer ma route en priorisant le sport partout où j’ai travaillé.


Quel club ou sportif vous a-t-il donné le goût du sport ?


Le club de foot qui me faisait rêver que j’étais gamin et qui m’a aussi fait aimer le football, c’est le Milan AC. J’ai aimé tous les joueurs qui y sont passés et je me prenais pour les joueurs du club quand je jouais avec les copains. Il y a aussi eu plein de sportifs comme Jordan ou Tyson, même si j’étais très petit quand il a commencé sa carrière.


Vous suivez notamment le championnat de Ligue 2 sur beIN. Vous êtes-vous pris d’affection pour un club en particulier ?


Oui, plusieurs. Je m’entends très bien avec des joueurs mais aussi avec des gens qui travaillent au sein des clubs. Je pense que c’est compliqué pour quelconque journaliste de ne pas se lier d’affection. Après, il faut faire la différence entre affection et supportérisme car ce n’est pas parce que j’ai de l’affection pour un club que je vais le supporter. Mais j’aime bien aller à Sochaux car je trouve les gens sympas et que je m’entends bien avec le coach Omar Daf. Il y a des endroits où on aime aller, d’autres un peu moins… (rire)


Avez-vous une préférence entre le commentaire et la présentation, vous qui présentez Label Boxe sur beIN SPORTS ?


J’ai toujours préféré le commentaire et, pour être tout à fait franc, je ne me suis jamais trouvé très bon à la présentation. Mais c’est un bon exercice aussi et ça permet d’apprendre. C’est une autre facette de notre métier donc pourquoi la refuser ? Je m’amuse bien à faire la présentation mais j’ai envie de dire que ce n’est pas ma première force.


Quel support préférez-vous entre la radio, la télé et la presse écrite ?


J’adore la radio. C’est mon premier amour et je sais que j’aurais besoin d’en refaire un jour. La télé, ce qui est intéressant, c’est que ça change toutes les semaines. Ce n’est jamais pareil et c’est ce qui me plaît. La presse écrite, j’ai un peu honte de le dire mais je suis incapable d’écrire cinq lignes sans faire une faute (rire). J’ai longtemps habité à l’étranger quand j’étais petit et j’ai plein de lacunes donc je me suis toujours dit que je ne serais jamais pris au sérieux à l’écrit.

Richard Sette sur le plateau de Maxi Ligue 2 (Crédit : beIN SPORTS)

Comment avez-vous vécu le confinement ? A-t-il été difficile de ne pas exercer votre métier dans des conditions habituelles ?


J’ai pris 4 kilos pendant ce confinement (rire). A vrai dire, je n’ai même pas du tout exercé mon métier. Je n’ai pas pu le faire parce qu’on nous a demandé de rester chez nous mais j’ai retravaillé un peu avant les autres car j’ai commenté des combats de boxe des années 80/90. On avait reçu les vidéos pendant le confinement, on les a commentées et elles seront diffusées début juin.


Vous avez commenté la reprise de la Bundesliga. Commenter dans un stade vide, c’est compliqué ?


Oui, c’est spécial. Ça m’était rarement arrivé et tu te rends compte que les supporters apportent quelque chose d’incroyable au niveau du frisson et ils aident aussi le commentateur à s’enflammer. Quand tu es dans un stade où il n’y a pas de bruit, ce n’est pas évident de mettre du rythme dans ton commentaire. Alors que quand il y a des supporters qui chantent, ça peut aider. C’est spécial et pas évident.


Vous qui avez été sur le terrain ce weekend, que pensez-vous du fait de reprendre dans de telles conditions ?


Je pense que c’est une bonne chose parce que le foot me manquait. Il ne faut pas non plus avoir une langue de bois, les Allemands ont repris parce qu’il y a un intérêt financier derrière. Je trouve que c’est bien d’avoir arrêté car ce qui se passe est inédit donc on peut tout mettre de côté pendant un moment et reprendre en septembre quand tout ira mieux. Pour une fois, laisser un peu de temps peut ne pas faire de mal.


Quel est votre meilleur souvenir dans le foot ?


Je me souviens d’un match de Ligue 2 entre Bourg-en-Bresse et Quevilly qui m’avait éclaté. Quand j’ai vu l’affiche, sans manquer de respect aux équipes, je me suis dit que ça n’allait pas être génial. Ce qui est marrant c’est que, quand je discutais avec le mec qui réalisait le match, je lui ai dit « tu vas voir, ce sera soit le pire match de la saison soit le meilleur avec une pluie de buts ». Au final, il y a eu 5-5 dans un match absolument incroyable avec des buts toutes les dix minutes. Je ne sais pas si c’est mon meilleur souvenir mais, pour le coup, ce match m’a vraiment éclaté.


Dans l’actualité, on attend de savoir si la Ligue 2 se jouera à 22 la saison prochaine. Y seriez-vous favorable ?


Oui, pourquoi pas. La situation est tellement inédite qu’elle amène à des solutions inédites aussi. Donc pourquoi pas, on découvrira peut-être que cela peut-être une chose intéressante. Je ne suis pas contre.


Qu’est-ce qui change lorsque vous commentez en Ligue 2 ou en Bundesliga ?


La seule chose qui change lorsque je commente en Allemagne, c’est que je cherche sur des sites comment prononcer les noms des joueurs parce que je suis vraiment mauvais pour prononcer les noms allemands. Quand je prépare les matchs, je passe donc du temps pour apprendre à prononcer les noms mais c’est la seule chose que je fais en plus. Je passe autant de temps dans la préparation des matchs, parfois je prépare d’ailleurs même trop car je n’utilise même pas 20% de ce que j’ai écrit.


Avez-vous été particulièrement marqué par une rencontre ?


Oui, Nadal. Je travaillais pour la Fédération Française de Tennis donc j’avais pu l’interviewer à la Tour Eiffel lors d’une soirée avant Roland-Garros. Quand il est arrivé, j’ai senti énormément de pression et en quelques secondes, il y avait 300 personnes derrière moi pour prendre des photos. Il a été exceptionnel, d’une grande gentillesse, très souriant et très poli, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas de tout le monde. Ça a été une rencontre un peu spéciale parce que depuis ce jour, je n’arrive pas à ne pas l’aimer. Quoi qu’il fasse, je trouve que c’est un mec bien.


Y-a-t-il justement un sportif que vous rêveriez d’interviewer ?


Mike Tyson. Je ne sais pas ce que je lui dirais mais j’aimerais beaucoup.

Richard Sette face à François Rabiller lors de Maxi Ligue 2 (Crédit : beIN SPORTS)

Je remercie Richard pour sa gentillesse.

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