Interview de Thomas Ephestion : "Un sentiment d'inachevé sur mon passage à Lens"

#INTERVIEW - Numéro dix d'Orléans, Thomas Ephestion a vécu une saison collective difficile avec la 20e place de son équipe en Ligue 2. L'ancien milieu de l'OM revient sur cette saison ainsi que sur son passage au RC Lens.


Comment t'es venue la passion du foot ?


Je pense que c'est venu grâce à mon grand-frère qui est footballeur (Nicolas Maurice-Belay, ndr). Le foot, je le pratique depuis tout petit donc j'ai inconsciemment été éduqué là-dedans et je suis devenu footballeur presque naturellement. J'ai quasiment toujours voulu faire ça depuis tout petit.


Ton frère a-t-il été une aide pour toi à tes débuts en pro ?


Oui, c'est clair. Mon frère a toujours été une aide pour moi. En tant que footballeur, sur certains aspects et sur certains choix, son avis était important. Par exemple, pour l'anecdote, c'est en grande partie lui qui m'a convaincu d'aller à Lens. Son avis est très important pour moi.


La saison dernière vous aviez affronté Paris en Coupe de la Ligue (1-2). Est-ce un grand souvenir ?


Oui, bien-sûr. C'était mon premier grand rendez-vous depuis le début de ma carrière. Je ne suis qu'en Ligue 2, j'ai joué à Lens qui est pour moi le meilleur club qu'il y ait eu en Ligue 2 donc j'ai goûté à ce qui se fait de mieux dans mon championnat. Mais là, c'était se mesurer à ce qui se fait de mieux dans notre pays voire dans le monde donc c'était important pour moi de bien l'aborder et de répondre présent car c'était le premier défi de mon début de carrière.


Tu parles de Lens. Quel est ton sentiment sur ton passage au club ?


Des regrets parce que j'avais très bien commencé et j'avais la confiance du coach Alain Casanova. Ensuite il a été licencié et ça a été beaucoup plus dur, j'ai vite été écarté du groupe par Eric Sikora. J'ai pu rejouer sur la fin de saison mais je suis déçu car, mine de rien, sur le peu de matchs que j'ai faits, les trois quarts ont été bons. C'est pour ça que j'ai un peu de regrets. Si j'étais parti en étant vraiment bon, il n'y aurait rien à dire. Mais là, d'un point de vue général et sur les retours que j'ai, on a vraiment un sentiment d'inachevé de mon passage à Lens car j'ai procuré plus de bonnes choses que de mauvaises. Mais c'est le foot. Je suis très content que le club retrouve l'élite, c'est sa place et je suis très heureux d'être passé par le Racing Club de Lens. Tu prends vraiment encore plus conscience de la grandeur de ce club quand tu le quittes.


Jouer devant plus de 25 000 personnes à Bollaert-Delelis toi qui en n'avais pas l'habitude, qu'est-ce que ça fait ?


C'est exceptionnel. C'est beau et c'est pour ça qu'on joue au foot, pour jouer devant de telles ambiances. C'était impressionnant surtout que je venais d'un club à Béziers où très peu de spectateurs venaient aux matchs donc ça a été un peu le choc des extrêmes. Mais j'ai pris ça positivement, je ne me suis pas mis de pression donc j'en garde que de bons souvenirs.

Thomas sous le maillot d'Orléans cette saison (Crédit : Getty Images)

Tu as fait partie de l'équipe qui a failli monter en 2017 puis de celle qui a failli descendre en 2018. Y-a-t-il eu un traumatisme de la non-montée ?


Oui, ça a été un traumatisme. L'année précédente, la Ligue 1 était tellement a portée de main que le fait qu'Amiens marque à la dernière minute, les circonstances... C'est dramatique parce qu'en termes de qualité d'effectif, on était la meilleure équipe du championnat. Quand tu vois Kenny Lala, Bourigeaud, Bellegarde ou Kévin Fortuné, je pense que c'est le meilleur effectif dans lequel j'ai joué depuis que je suis professionnel avec celui de l'année dernière à Orléans. Lors de ma première année, à l'entraînement, c'était un truc de fou ! Franchement, on avait deux très bonnes équipes de Ligue 2 dans un seul effectif.


Tu es international avec la Martinique. Que représente ce maillot pour toi ?


C'est une fierté surtout par rapport à mes parents. C'est leur île, leur terre alors tu les représentes d'une certaine façon donc ça fait plaisir. En plus, mon premier match était contre la Guadeloupe, un derby pour le match de qualification pour la Gold Cup. Il nous fallait un match et on avait gagné, que demander de mieux ? C'est un très beau souvenir.


Tu n'as pas pu disputer la Gold Cup en 2019 pour cause de blessure. Cela a-t-il été difficile à digérer ?


Oui mais c'est toute la fin de saison dernière qui a été très compliquée. Je sortais d'un très bon mois de mars où j'avais été performant à l'image de l'équipe et je m'étais blessé à l'entraînement sur un geste anodin, un peu comme à Lens où j'enchaînais les matchs avant de me blesser en début de saison avec Casanova. Ça a été la même chose avec Orléans et j'ai loupé deux mois. J'aurais pu terminer la saison mais j'ai voulu revenir trop vite et j'ai fait une rechute donc j'ai terminé ma saison en avril. Cela a été dur parce que, quand tu es bien, tu n'as pas envie de terminer la saison de cette manière. Mais c'est le foot, dans chaque difficulté j'essaie toujours d'en tirer le positif et c'est ce que j'ai essayé de faire dans cette période-là.


Quel bilan fais-tu de ta saison (16 matchs, 1 but) ?


Je suis assez déçu de moi. J'aurais aimé continuer sur la lancée de ma dernière saison, ce que je n'ai malheureusement pas pu faire. J'ai eu des blessures à certains moments importants de la saison mais, même au-delà des blessures, je n'ai pas eu le rendement que je voulais pour l'équipe donc je suis très déçu d'autant plus qu'on est très mal classés. D'un point de vue personnel, je suis donc sur un élan négatif.


Es-tu déçu des décisions de la Ligue ?


Oui et non parce que la santé est le plus important. On est derniers donc j'aurais dû être plus favorable à reprendre mais il y a tellement de gens dans le monde qui ont des problèmes graves que je ne pense pas que jouer au foot soit le plus important à l'heure actuelle. Et ce n'est pas nous qui décidons. Si les grandes instances ont décidé de couper court à toute activité sportive, il faut les écouter. C'est dommage car, quand tu n'as pas ton destin entre les mains, c'est toujours plus dur. Mais la saison ne se joue pas là pour nous. Il ne peut y avoir que de la déception, c'est tout.


Comment expliques-tu cette mauvaise saison après la bonne 8e place la saison dernière ?


Le changement d'effectif, tout simplement. Regarde les équipes qui sont montées : ce sont des équipes qui avaient au moins deux ans passés ensemble. C'est le problème qu'il y avait à Lens : chaque année 15 joueurs arrivaient et 15 partaient. Quand bien même c'étaient des joueurs de qualité, tu es obligé de maintenir une certaine ossature dans ton effectif surtout quand tu joues la montée. C'est ce qui s'est passé cette saison avec le chamboulement de l'équipe. Il y a eu des joueurs de qualité qui sont arrivés mais ça prend du temps pour que tout se mette en place. Après il y a aussi eu des problèmes en interne et je pense que ça a eu un impact sur l'équipe.


Si la saison était allée à son terme, penses-tu qu'avec des joueurs comme Mollo ou Nakoulma l'équipe aurait pu remonter au classement ?


Tu sais, avec des "si" on refait le monde. Je dirais oui car il faut être optimiste et conquérant mais quand on fait des saisons aussi compliquées que cette année, rien ne nous sourit donc je n'ai pas envie de m'affirmer sur des choses dont on n'est pas sûrs. Je vais dire oui car on aurait fait douter plus d'une équipe.


Une Ligue 2 a 22 doit-elle être mise en place ?


Je pense qu'une Ligue 2 à 22 est une bonne solution. Les gens vont dire que je défends mes intérêts et ceux du club et oui, c'est vrai. Mais c'est bien une Ligue 2 à 22 ! On jouerait plus de matchs, ce serait une première et je pense que ça ne ferait pas de mal. Notre président Philippe Boutron a dit quelque chose d'intéressant, c'est que les arbitres souffrent aussi du coronavirus et on y pense peu. Donc je pense que faire plus de matchs l'année prochaine, sachant que la Coupe de la Ligue a été supprimée, ne peut qu'être bénéfique pour tout le monde.


Si Orléans venait à être relégué, seras-tu sur le départ ?


Je suis encore sous contrat la saison prochaine donc c'est une décision que je prendrai en temps et en heure avec mes représentants et les dirigeants du club. Je ne peux pas m'avancer sur ce sujet-là.


Tu as été proche de la Ligue 1 avec Lens il y a 3 ans. Serait-ce une déception de redescendre d'un étage la saison prochaine ?


Bien évidemment. Ce serait une déception, ça ne fait jamais plaisir mais bon le foot va tellement vite dans les deux sens. Comme tu dis il y a trois ans, à l'heure qu'il est, je parlais d'une montée en Ligue 1 et là je parle d'une descente en National. C'est fou. Donc il y aura bien-sûr de la déception mais qu'est-ce que je peux faire ?

Thomas à l'entraînement du RC Lens en mars 2018 (Crédit : LPRF)

Je remercie Thomas pour sa disponibilité et sa sympathie

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